2 juin 2014

Le Capital au 21ème siècle, de Thomas Piketty


Compte rendu de la théorie de Piketty et de ses critiques :

1. La thèse de Piketty

Piketty observe que, depuis une trentaine d’année, les inégalités de richesses et de revenus ont fortement augmenté aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure, en Europe. Simultanément le ratio Richesse / Revenus s’est fortement élevé. Il prédit que ces tendances vont se poursuivre. Son interprétation peut être résumée comme suit :

Le ratio richesses / revenus (K/Y) devrait continuer à augmenter en raison du ralentissement probable de la croissance économique. En effet, à long terme, K/Y = s/g (avec s = le taux d’épargne et g = le taux de croissance). Par exemple, avec un taux d'épargne de 10 % et un taux de croissance de 3 %, le rapport K/Y est égal à 3,33.

C’est l'une des trois lois fondamentales identifiées par Piketty, qu’on peut démontrer comme suit : K/Y = s/g <==> K/Y = (S/Y) / (∆Y/Y) <==> K/Y = (∆K/Y) / (∆Y/Y) <==> K/Y = ∆K/∆Y

Si g diminue au fil du temps, en raison du ralentissement de la croissance démographique et du progrès technique, tandis que s reste constant, le ratio s/g augmente, et avec lui, le rapport K/Y. Par exemple, si le taux de croissance est divisé par deux (à 1,5 %), le rapport K/Y double (à 6,66). D'où la conclusion de Piketty : “capital is back because low growth is back”.

Cette augmentation tendancielle du rapport Capital / Revenu National a deux conséquences évidentes :

(i)           l'augmentation des inégalités de richesses. En effet, le patrimoine a pour origine soit l'héritage soit l'épargne. Quand la croissance ralentit, et avec elle la croissance des revenus, la contribution de l'épargne se réduit et celle de l'héritage augmente, aggravant les inégalités de richesse entre les héritiers et les autres.

(ii)         l'augmentation des inégalités de revenus, en raison de la déformation tendancielle de la valeur ajoutée en faveur du capital. En effet, la part du capital dans le revenu national = rK/Y. C’est une autre loi fondamentale. A rendement constant du capital (r), la part des revenus du capital augmente en ligne avec le rapport K/Y. Ainsi, avec un taux de rendement du capital de 5 %, la part du capital s'établit à 16,6 % pour un rapport K/Y de 3,33, et à 33,2 % pour un rapport de 6,66. La concentration des revenus du capital étant très supérieure à celle des revenus du travail, toute augmentation de la part des revenus du capital accroît les inégalités de revenus.

L’accroissement des inégalités est encore aggravé par la divergence entre le rendement du capital et le taux de croissance. C’est la troisième loi fondamentale de Piketty : le taux de rendement du capital (r) est constant à long terme et systématiquement supérieur au taux de croissance : r > g. Avec le ralentissement de la croissance, l’écart r – g s’accroît. D'où un effet boule de neige pour peu que les revenus du capital soient systématiquement réinvestis et que le capital ne soit jamais dilapidé (les riches de Piketty ressemblent beaucoup à Oncle Picsou). Le rendement du capital étant alors égal à son taux d'accumulation, le capital croît plus vite que le revenu national, et les revenus du capital augmentent plus vite que les revenus du travail. Exemple : avec un taux de croissance de 1,5 %, les revenus du travail double tous les 46 ans ; avec un rendement du capital de 3%, le capital et les revenus du capital doublent tous les 23 ans.

A terme, les inégalités de richesses et de revenus atteindront un niveau comparable à celui d’avant la révolution industrielle. Welcome back to the world of Jane Austen.

 
 
Thomas Piketty & Emmanuel Saez, Science, Mai 2014

2. Les critiques

Les hypothèses de Piketty sont donné lieu à de nombreuses critiques. 

(i)           La croissance économique mondiale serait condamnée à diminuer, sous l’effet de la transition démographique et de l’épuisement du progrès technique.

Or, s’il est vraisemblable que la croissance démographique diminue, rien n’assure que le progrès technique soit en voie d'épuisement. Depuis deux siècles, on observe au contraire une tendance nette à l’accélération des taux de croissance du PIB mondial par habitant. Même dans l'économie la plus avancée, le taux de croissance du PIB par tête est remarquablement stable a long terme (cf. graphique). Depuis 2008, la crise économique et financière a interrompu le processus, mais, selon toute vraisemblance, la croissance économique a encore de beaux jours devant elle. Quant au ralentissement apparent de la productivité dans les pays avancés, il s’explique essentiellement par l’incapacité des comptables nationaux à mesurer correctement l’impact réel des nouvelles technologies (dans les statistiques historiques, les téléphones portables, la révolution internet, le haut débit, etc. n’ont eu aucun effet sur le niveau de vie des gens !).


(ii)       Le taux d’épargne net (s) serait constant à long terme. Malgré la baisse continue du taux de croissance, l’effort d’épargne ne faiblirait pas.

Pour comprendre pourquoi cette hypothèse est irréaliste, prenons un exemple, inspiré de James Hamilton. Supposons que le PIB soit de 100, avec un capital de 100 et un taux de dépréciation de 10 %. Supposons encore que le taux d’épargne nette (s) soit de 10 % et le taux de croissance (g) soit nul. Cette économie a un revenu net (Y) de 90 et une épargne nette de 9. Son capital continue donc à croître. Au bout de n années, le capital atteint 1000, mais, compte tenu du taux de dépréciation de 10 %, le revenu national net est nul. Après prise en compte de l’amortissement du capital, il ne reste plus rien à distribuer, donc plus rien à épargner. Tout se passe comme si les riches, tout à leur obsession d’accumuler des richesses, préféraient mourir de faim plutôt que de cesser d’épargner ! C’est ainsi qu'est mort le roi Midas (tout ce qu’il touchait se transformait en or, même le pain).


T1
Tn
PIB
100
100
g = 0 %
K
100
1000

D = dK
10
100
d = 10 %
Y
90
0

S = sY
9
0
s = 10 %







Bref, l’hypothèse de constance du taux d’épargne nette avec une croissance plus faible n’est pas réaliste.  

Cette conclusion est conforme à la Golden Rule identifiée par Edmund Phelps : le bon taux d’épargne est celui qui garantit à la génération future le niveau de vie de la génération actuelle. Si la croissance est nulle, l’égalité intergénérationnelle des niveaux de vie implique clairement que s = 0. Autrement dit, le taux d’épargne doit s’aligner sur le taux de croissance.

(iii)       Le taux de rendement du capital (r) serait constant à long terme, malgré la baisse tendancielle de la croissance. Autrement dit, en dépit du ralentissement du progrès technique, le capital résisterait à la loi des rendements décroissants.

Dans les modèles de croissance, la productivité du capital diminue avec l’accumulation du capital. A long terme, seul le progrès technique permet de préserver voire d’augmenter le rendement du capital.

Le progrès technique ralentissant, Piketty soutient que l’accumulation du capital peut se poursuivre à rendement constant dans la mesure où l’élasticité de substitution du capital au travail est supérieure ou égale à 1. En d’autres termes, le capital remplace le travail, et un euro de capital économise au moins un euro de salaires. De fait, Mac Donald peut remplacer profitablement ses serveurs par des machines, qui préparent les hamburgers, prennent les commandes et encaissent les paiements. Pour Bradford DeLong, l’avenir vu par Piketty ressemble à un monde où les robots feront le boulot. Mais le processus de substitution a ses limites. Dans la plupart des activités, il n’est tout simplement pas possible de remplacer profitablement un homme par une machine. Ni aujourd'hui, ni demain (a fortiori si le progrès technique est supposé ralentir).

Du reste, les estimations de Piketty sont sujettes à caution. Selon Larry Summers, ses calculs ne prennent pas en compte la dépréciation du capital. Pour peu qu'on raisonne en termes de rendements nets, l’élasticité de substitution du capital au travail est bien inférieure à 1, et le capital apparaît bel et bien soumis à la loi des rendements décroissants.

Bref, la baisse de la croissance rend très improbable la stabilité du rendement du capital. A plus ou moins long terme, la baisse de g conduit à la baisse de r, de sorte que l’écart r – g reste probablement constant.

(iv)        Les revenus du capital seraient systématiquement épargnés -- dans une proportion @ telle que @r > g -- et le capital accumulé ne serait jamais dilapidé.

En réalité, il arrive que les riches dépensent leur argent. Ils ne sont pas avares de consommation somptuaire, investissent dans le capital humain de leurs enfants, et tendent à dévorer dans leurs vieux jours le capital constitué durant leur vie active. Quant au capital non dépensé du vivant de son propriétaire, il tend à se disperser entre de multiples descendants, qui épouseront de jolies femmes pauvres, divorceront, paieront des impôts, choisiront pour certains de vivre de leurs rentes, ou connaîtront de gros ennuis de santé, se retrouveront au chômage, perdront beaucoup d’argent au jeu, bref, dilapideront l’héritage de multiples façons. De fait, dans le classement Forbes des 400 américains les plus riches, 60% des noms figurant sur la liste en 2001 n’apparaissaient pas sur la liste en 1989. Et selon une étude de Edward Wolff (NY Univ) et Maury Gittleman (Bureau of Labor Statistics), le ratio patrimoine hérité / patrimoine total a baissé d’un tiers en vingt ans. Bref, conclut Larry Kotlikoff, l’avenir dévore le passé, et non l’inverse, comme le soutient Piketty.

Conclusion

L’augmentation des inégalités observée entre les revenus d’activité ne s’explique pas par un décrochage entre l’évolution des revenus du capital et des revenus du travail, mais par le décrochage entre les revenus des travailleurs les plus qualifiés et ceux des travailleurs les moins qualifiés. L’inégalité n’oppose par les travailleurs aux capitalistes mais les travailleurs entre eux. Le progrès technique et la mondialisation ont augmenté la demande de capital humain ; l'offre n'ayant pas suivi, le rendement du capital humain s'est accru. Pour réduire les inégalités, la meilleure solution consiste donc à investir davantage dans le capital humain, en particulier pour les travailleurs non qualifiés.

 
David Autor, Science, Mai 2014


Webographie

Quelques articles qui présentent clairement l’argumentation de l’auteur :

Inequality in the long run, by Thomas Piketty & Emmanuel Saez (Science, Mai 2014). Avec quatre graphiques remarquables.
! Pikety is right. Everything you need to know about "Capital in the 20th century", by Robert Solow (New Republic). Solow présente avec sympathie et pédagogie le livre de Piketty.
Thomas Piketty's Capital in the 21st Century, by Cory Doctorow (Boing boing)

Vidéos:
Thomas Piketty on Economic Inequality (Tutor2U). Un entretien avec l'auteur et deux présentations (PBS et BBC) exposant les thèses pikettiennes.
Une conférence de l’auteur, en français (Amis du Monde Diplomatique)

Critiques générales

! Piketty y "Capital en el Siglo XXI", by Xavier Sala-i-Martin (Random Thoughts, 18 Mai). En espagnol. Une critique percutante par un économiste spécialisé dans l'étude de la croissance et des inégalités à long terme. Selon lui, l'inégalité r > g n'est en rien la contradiction fondamentale du capitalisme ; au contraire, elle est impliquée par la loi d'efficience dynamique (si r < g ==> il y a trop de capital, et les gens sont incités à consommer plus qu'à épargner jusqu'au moment où r > g). Elle est de plus parfaitement compatible avec un monde où la richesse accumulée serait à terme entièrement consommée. Bref, r > g est l'état normal d'une économie dynamique et n'implique pas l'augmentation tendancielle du ratio Richesse / Revenus, et, par voie de conséquence, de l'inégalité des revenus et des patrimoines. Sala-i-Martin critique aussi l'hypothèse selon laquelle le taux de croissance devrait diminuer au 21ème siècle. Historiquement, ce qu'on observe depuis deux siècles, c'est plutôt une tendance à l'accélération des taux de croissance du PIB par habitant.

! The Inequality Puzzle, by Larry Summers (Democracy Journal), qui adresse deux critiques majeures à la thèse centrale de Piketty. D'une part, la baisse de la croissance rend très improbable la stabilité du rendement du capital. En fait, Piketty n'a pas pris en compte dans ses calculs la dépréciation du capital. Or, avec un rapport K/Y plus élevé, un rendement brut constant correspond à un rendement net décroissant. De fait, pour peu qu'on raisonne en termes de rendements nets, le capital apparaît bel et bien soumis à la loi des rendements décroissants. D'autre part, Piketty suppose que les revenus du capital sont réinvestis et que le taux d'épargne des riches est constant, voire croissant avec leur richesse. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Les riches mangent dans leur vieillesse le capital accumulé, et la propension à consommer des ménages tend à s'élever quand leur richesse augmente (l'effet de richesse). 

Will the rich always get richer?, by Larry Kotlikoff (Making Sense, PBS), qui adresse trois critiques majeures à la théorie de Piketty. En premier lieu, ses données de richesse sont biaisées : Piketty ne prend pas en compte la valeur des droits sur les pensions et l’assurance maladie. Or Medicare et Social Security sont le capital retraite des pauvres et des classes moyennes. Ne pas en tenir compte fausse complètement le calcul. En second lieu, à la différence de Picsou, les riches dépensent aussi leur argent. Ils investissent massivement dans le capital humain de leurs enfants, et ne sont pas avares de consommation somptuaire. Pour ces raisons, une partie au moins des revenus du capital n’est pas réinvestie. Enfin, le capital tend à se disperser entre de multiples descendants, qui se marient à des personnes moins riches qu’eux, divorcent, paient des droits de succession, choisissent pour certains de vivre de leurs rentes, peuvent connaître de gros ennuis de santé, ou se retrouver au chômage, ou perdre beaucoup d’argent au jeu. Bref, le capital hérité est dilapidé de multiples façons. Ce qu'un coup d’œil au classement Forbes confirme : parmi les 400 américains les plus riches en 2001, 60% ne figuraient pas sur la liste en 1989. Une étude publiée par Edward Wolff (NY Univ) et Maury Gittleman (Bureau of Labor Statistics) montre que le ratio patrimoine hérité / patrimoine total a baissé d’un tiers en vingt ans.

Critiques théoriques

Sur l’hypothèse de constance du taux d’épargne, cf. Piketty’s ‘Second Law of Capitalism’ vs. standard macro theory, by Per Krusell & Tony Smith (VOX-EU) & Criticisms of Piketty, by James Hamilton (Econbrowser). Dans les modèles traditionnels, type Solow, le taux d’épargne nette varie avec le taux de croissance (le taux d’épargne brut est supposé constant). Un taux d’épargne nette constant (ie. le rythme d’accumulation du capital) quand la croissance tend vers zéro implique une baisse continue du revenu national net.

A Comment on Thomas Piketty’s Capital in the Twenty First Century, by Debraj Ray. En fait, l’inégalité r > g est prédit par la condition d’efficience dynamique centrale dans tous les modèles de croissance. Le mérite de Piketty est de l’avoir démontré empiriquement. Mais, en elle-même, cette inégalité ne nous dit rien sur l’évolution des inégalités de revenus et de richesses.

Critiques portant sur le traitement des données de capital

Le capital logement contribue-t-il aux inégalités ?, par Odrian Bonnet et al. (WP Science Po), qui montre que la hausse du ratio Capital / Revenu est entièrement attribuable à la forte hausse des prix immobiliers depuis 15 ans. Quand on valorise le capital immobilier à partir des revenus immobiliers et non des prix immobiliers, on n'observe pas de tendance à la hausse du rapport K/Y.

Piketty findings undercut by errors (Financial Times du 23 Mai), qui ouvre une polémique du type de celle de Reinhart & Rogoff. Le détail des critiques du FT : Data problems with Capital in the 21st Century & Follow up on problems in “Capital in the 21st Century” (Money Supply). La réponse de Piketty : Response to FT, by Thomas Piketty (Vox EU). Le point sur la controverse : Picking holes in Piketty (Economist). Apparemment, les erreurs pointées par le FT concernent seulement le chap. 10, i.e. les inégalités de patrimoines, et portent essentiellement sur le Royaume-Uni. En elles-mêmes, elles ne suffisent pas à remettre en cause ni la tendance ni la thèse.

The Inequality Illusion (Foreign Affairs). On ne sait pas si l'inégalité des patrimoines a augmenté depuis trente ans (les données, affectées par des biais de déclaration et le changement des règles fiscales, ne permettent pas de conclure), mais il semble que le rôle de l'héritage dans la constitution de la richesse ait décliné. Dans le classement Forbes, la part des milliardaires qui doivent leur fortune à l'héritage a diminué de moitié entre les années 80 et les années 2000. La richesse est de plus en plus souvent le produit de l'entrepreneurship. Corrélativement, il semble que la richesse se transmette assez mal d'une génération à l'autre.  

Critiques portant sur le traitement des données de revenus

Piketty's Numbers Don't Add Up, by Martin Feldstein (WSJ du 15 Mai) qui explique que l'augmentation des inégalités entre les revenus fiscaux depuis 1980 s'explique essentiellement par le changement des règles fiscales. La forte baisse des taux marginaux d'imposition a conduit les plus riches à travailler, épargner et entreprendre davantage, à frauder moins le fisc, à préférer une rémunération monétaire à des avantages non monétaires (non déclarés), et à s'enregistrer comme entrepreneurs individuels plutôt que comme sociétés (jusque-là moins taxées).

From rags to riches to rags (New York Times), où l'on apprend que sur les 44 dernières années, 12 % des américains ont fait partie du Top 1%, et 39 % ont fait partie du Top 5 % ! Bref, la mobilité est grande et l'image des 1 % vs les 99 % est trompeuse.

Has Rising Inequality Brought Us Back to the 1920s? It Depends on How We Measure Income, by Gary Burtless (Brookings). L'augmentation des inégalités est beaucoup moins importante quand on raisonne sur la base des revenus disponibles (vs fiscaux). En trente ans, les revenus déclarés réels des ménages pauvres et médians n'ont pas augmenté ; mais leurs revenus disponibles ont augmenté resp. de 50 % et de 36 %. 

Real inequality in Europe since 1500, by Peter Lindert et al. Quand on raisonne sur les revenus réels (vs nominaux), il apparaît que les inégalités ont fortement diminué tout au long du 19ème siècle. La mondialisation, la paix, l'industrialisation ayant fait fortement baisser les prix relatifs des necessaries of life (produits alimentaires, vêtements, chauffage, ...) qui représentent l'essentiel du budget des pauvres.

Une explication alternative : le rôle du capital humain

! Skills, education, and the rise of earnings inequality among the “other 99 percent”, by David H. Autor (Science, Mai 2014). L'essentiel de la hausse des inégalités de revenus d'activité aux Etats-Unis (et ailleurs) tiendrait à l'augmentation de la prime au diplôme. Le progrès technique aurait accru la demande de capital humain ; l'offre n'ayant pas suivi, le rendement du capital humain s'est accru. Pour réduire les inégalités, la meilleure solution consiste donc à investir davantage dans le capital humain, en particulier pour les travailleurs non qualifiés. Les graphiques sont remarquables.

Conclusion

"Books that represent the last word on a topic are important. Books that represent one of the first words are even more important. By focusing attention on what has happened to a fortunate few among us, and by opening up for debate issues around the long-run functioning of our market system, Capital in the Twenty-First Century has made a profoundly important contribution." Larry Summers, op. cit.